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La Musique et la Ville

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Après le succès public et critique de l’exposition « l’Art et la Ville » de Nando Calabrese, réalisée en janvier 2018 au PAN|Palais des Arts de Naples, une exposition est proposée en 2019 qui développe et élargit le discours entamé avec la précédente exposition. La nouvelle série de clichés propose des visages de musiciens contemporains, saisis pendant l’exécution de morceaux musicaux et, en arrière-plan, des lieux insolites renvoient aux grands musiciens qui ont trouvé l’inspiration à Naples. Un nouveau rendez-vous avec des images capables de révéler des lieux peu connus de la ville et d’en encourager la redécouverte et la valorisation. L’exposition sera accompagnée d’une vidéo qui sera projetée lors du vernissage et – au cours de l’exposition, en collaboration avec des associations locales, des visites guidées de lieux emblématiques de la musique à Naples ainsi que des rencontres avec les personnes photographiées seront organisées, afin qu’elles puissent offrir des contributions de réflexion musicale.

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1  Wolfgang Amadeus Mozart   Palazzo Sessa     Flûte  Marco Gaudino      2 Niccolò Jommelli  Palazzo Berio  Violoncelle Stefano Sovrani     3 Richard Wagner  Villa Doria d'Angri  Trombone  Michele Apicella     4 Pietro Mascagni  Palazzo Cantalupo   Cor   Simona Amazio     5 Leonardo Leo  Palazzo Mirelli di Teora  Violon    Paola Astarita  Violon Gianfranco Biancardi  Violoncelle  Francesco Scalzo  Alto  Rosario Di Meglio      6 Sigismund Thalberg   Cappella di Villa Thalberg  Clavecin  Vikram Siddharth     7 Ernesto Murolo/Ernesto Tagliaferri  Palazzo Donn’Anna  Guitare  Riccardo Del Prete Mandoline  Carla Senese     8 Caffarelli (Gaetano Majorano)  Palazzo Majorana Harpe  Maria Caccioppoli  Voix  Sabrina Messina     9 Nicola Porpora  Palazzo Caracciolo di Torella   Violon Fabiana D’Auria  Violoncelle Chiara Mallozzi      10 Gioacchino Rossini Palazzo Barbaja   Alto Tsvetanka Asatrjan      11Gaetano Donizetti In Via Nardones, 14  Clarinette Julia Primicile Carafa  Basson Carmen Bianco     12 Giuseppe Verdi  Palazzo Reale  Trombone   Francesco Fierro  Trompette  Emanuele del Prete  Tuba  Luigi Izzo   Caisse claire  Alfonso Izzo Clarinette Daniele Albano Flûte Italia De Caro

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La musique, mystérieuse interprète des lieux

Massimo Bignardi

 

L’idée de parcourir à nouveau les rues de sa propre ville, de la même manière que l’on feuillette un vieux calendrier, relie les expériences de Nando Calabrese dans le domaine photographique. Colson Whitehead, dans son Le colosse de New York, publié en italien au début des années 2000, écrivait que nos rues « sont des calendriers qui contiennent ce que nous avons été et ce que nous serons demain ». Il esquisse ainsi l’idée d’un unicum à l’intérieur duquel s’inscrivent des concepts de temps différents, bien que conditionnant l’un l’autre : la mémoire devient active, créative et, donc, régénère les processus et est déjà avenir. Je veux dire que dans son écoulement, le temps n’efface aucune des traces, au contraire il fait en sorte qu’elles alimentent les attentes, car déjà l’attente implique un changement. Nando Calabrese entretient avec sa ville, l’incroyable et volcanique Naples, une relation particulière ; du moins en ce qui concerne la photographie qui n’adhère pas à une vision propre aux adeptes de Cartier-Bresson, c’est-à-dire une photographie qui se fait témoin de son temps, évitant « l’artifice qui tue la vérité humaine ». Calabrese, il l’a déjà largement clarifié dans la séquence de clichés proposés lors de l’exposition « l’Art et la Ville », organisée dans les premiers mois de 2018 au PAN à Naples, recherche justement l’artifice qui, au fond, est le moteur, l’identité même de la ville de Partenope. Les artistes, leurs œuvres, les architectures traçaient, obéissant à la mise en scène, un fil narratif qui s’étirait, glissant dans les secrets de relations cachées, mentales, donnant ensuite vie à des constructions imaginaires : l’une des nombreuses et magnifiques images qui accompagnent le catalogue édité par Antonella Nigro, celle qui représente Rosaria Matarese au Palazzo Mannajuolo, sur l’escalier hélicoïdal, grande invention architecturale de Giulio Ulisse Arata, artisan de la période liberty qui marqua le renouveau de la ville à la fin de la première décennie du XXe siècle. Nando mettait en scène, un à un, non seulement les personnages, mais un ensemble de mémoires et d’actualités qui tissent la trame de la vivacité culturelle de Naples : de véritables « complexes plastiques » installés dans des lieux emblématiques de la ville, dans les architectures solennelles de l’une des plus « lumineuses » (disait Stendhal) capitales du Vieux Continent. Il instaurait ainsi une relation avec le temps, tout en maîtrisant à la fois les nostalgies qui voilent le passé et l’exubérance du « nouveau » à tout prix. Avec la séquence de clichés proposée aujourd’hui dans cette exposition, le viseur de son appareil photo cadre d’autres pages de la vie napolitaine : la ville de la musique, c’est-à-dire celle qui a été et est celle de Bellini, Cimarosa, Paisiello, Scarlatti et jusqu’à Pergolesi ; la ville qui accueillit la première mondiale de la Carmen de Bizet, dans ce théâtre situé au cœur de l’ancienne ville universitaire, entre Port’Alba, Piazza Dante, l’ancien Policlinico, l’Académie des Beaux-Arts et le Musée voulu par les Bourbons, aujourd’hui Musée Archéologique National. Bref, la ville des grands musiciens qui ont étudié et célébré Naples, dans les plus belles pages de l’histoire de la musique. Comme les images rassemblées dans « l’Art et la Ville », les douze clichés (proposés en grand format) qui articulent le fil de cette exposition, suivent un choix de post-production qui introduit la couleur dans la structure d’une prise de vue en noir et blanc, même si, parfois, on pourrait penser que c’est l’inverse, c’est-à-dire que, à partir de la structure en couleur, Nando construit un « en lieu », une sorte d’identité (l’in de Hillman) enfermée dans l’échelle des gris, issue du contraste polaire du blanc et du noir. Un exemple clair nous est donné par la photographie intitulée Harpe et voix Palazzo Majorano Caccioppoli Messina : le corps de la femme, le geste qui accompagne le chant, sont intégrés dans l’architecture du portail, dessinée par Sanfelice, avec le gris du piperno magistralement encastré dans le mur qui donne sur le cœur du quartier San Ferdinando. Il n’est nul besoin de recourir à la couleur : Calabrese sait bien que la dimension plastique n’a pas besoin d’un code expressif à lui confier. Il en va autrement pour la harpe, ainsi que pour les autres instruments de musique, comme ce fut aussi le cas pour les œuvres, les objets d’art dans le cycle cité exposé au PAN. Schönberg écrivait dans la préface aux Textes, publié en 1926 : « L’auteur du texte doit réserver en surface l’espace destiné à la musique, car celle-ci vise à pénétrer en profondeur ».

Voyage musical dans le golfe de Naples

Sergio Attanasio

 

Le plus beau théâtre du monde, un roi et une cour qui aimaient s’entourer d’artistes internationaux, une terre et un paysage enchanteurs qui ont attiré à Naples au fil du temps les plus grands musiciens et compositeurs européens. Du jeune Mozart avec son père en mai 1770 au Palais Sessa à Cappella Vecchia dans la demeure du ministre anglais William Hamilton et dans la Chapelle Royale de Portici, à Wagner qui, dès janvier 1880, séjourna à la Villa Doria d’Angri à Posillipo où il écrivit une grande partie du Parsifal et fut aussi à l’hôtel Vittoria à Sorrente et à la villa Rufolo à Ravello.

 

De Rossini qui, dès 1815, fut l’hôte de l’impresario Barbaja et composa l’Ouverture d’Otello entre le palais de la via Toledo et la villa de Mergellina, à Donizetti qui, dès juin 1828, vécut à l’étage noble d’un palais de la via Nardones où il écrira la Lucia di Lammermoor à quelques pas du théâtre San Carlo, où Verdi se produira à quatre reprises : en 1835 avec la première de l’Alzira, en 1849 avec la Luisa Miller, en 1858 avec le Simon Boccanegra et en 1872/73 avec le Don Carlos et l’Aida. Ce sont peut-être les artistes les plus célèbres parmi les musiciens et compositeurs qui ont séjourné dans notre ville. Ensuite, certains décidèrent de se construire une demeure sur la mer ou sur la colline de Posillipo comme le ténor sicilien Roberto Stagno et son épouse, la soprano Gemma Bellincioni, qui furent les premiers interprètes en 1870 de la Cavalleria Rusticana de Mascagni et achetèrent et restaurèrent une demeure du XVIIe siècle, l’ancien palais des ducs de Cantalupo à Mergellina, où ils rêvaient de rester toute leur vie. Et un compositeur et pianiste virtuose autrichien comme Thalbergh qui, après avoir épousé la fille de la basse napolitaine Luigi Lablache, fut séduit par notre ville et vécut entre le palais de Monte di Dio et la villa avec chapelle à Posillipo où il mourut en 1871. Mais Naples a toujours été considérée à juste titre comme la capitale européenne de la musique et de la formation musicale des jeunes, où Leonardo Leo, d’abord élève puis maître, au Conservatoire de la Pietà dei Turchini, et Nicolò Porpora, lui aussi maître dans l’un des Conservatoires de Naples, le S. Maria di Loreto, étaient accueillis dans les demeures des nobles et des ministres étrangers comme au palais Mirelli di Teora, œuvre de Fanzago sur la riviera di Chiaia, ou au palais Caracciolo di Torella à Largo Ferrandina. Au Palais Berio, rappelons qu’en 1772, la Cour elle-même s’y installa à l’occasion des festivités pour le baptême de Maria Teresa Carolina, première-née de Ferdinand IV, et dans le jardin, Vanvitelli réalisa un Salon elliptique et un théâtre, et une sérénade à 5 voix intitulée Cerere placata fut représentée, sur une musique de Niccolò Jommelli avec des décors dessinés par Carlo Bibiena.

 

Des quatre conservatoires de Naples sortaient non seulement de petits musiciens et de jeunes compositeurs, mais aussi des voix suaves et brillantes comme celles des castrats, tels Farinelli (Carlo Broschi) ou Caffarelli (Gaetano Maiorano) qui, après avoir chanté dans toutes les cours européennes, réalisèrent leur rêve en se construisant un palais en ville dans les Quartiers Espagnols à quelques pas du Théâtre San Carlo. Mais il n’y avait pas que la musique et les œuvres de théâtre. Comment ne pas se souvenir des mélodies napolitaines de Murolo et Tagliaferri avec mandolines et guitare sur la mer de Posillipo, ou sous une taverne au Palais Donn’Anna, où le Golfe de Naples brille au loin et le Vésuve ferme un panorama de rêve.

En flânant entre musiques et palais

Stefano Sovrani

 

Une flûte pour représenter la présence de Mozart à Naples, un symbole qui évoque une œuvre très célèbre (La flûte enchantée) et qui rappelle le virtuosité et la délicatesse du son. Pour Niccolò Iommelli, le violoncelle qui nous ramène aux instruments à cordes, pleinement valorisés dans le merveilleux Requiem du musicien d'Aversa. Les mêmes cordes pour Leonardo Leo, situées pour l'occasion au Palais Mirelli di Teora. Palais après palais et musicien après musicien, j'ai imaginé un parcours pour offrir au visiteur de l'exposition La musique et la ville un fil rouge qui les conduirait à travers les méandres du génie musical de l'école napolitaine qui fait de la ville la capitale incontestée de cette forme d'art, hier comme aujourd'hui. Et voici, alors, Richard Wagner planer dans les pièces de la Villa Doria D'Angri tandis qu'il achève son Parsifal à travers la présence des cuivres, qu'il affectionnait tant. Gaetano Donizetti, ensuite, qui composa 50 opéras et en fit débuter 29 à Naples, est représenté avec les instruments à vent tels que le hautbois, la clarinette et le basson qui proposent dans ses œuvres les thèmes principaux. D'une photo à une musique, en passant par l'histoire de Sigismund Thalberg, tombé amoureux de Naples au point d'y rester jusqu'à la fin de ses jours, assis à son piano dans la splendide Villa de Posillipo. Ce piano dans lequel il excellait au point de rivaliser avec le plus célèbre Franz Liszt. Et le Palais Donn’Anna, toujours à Posillipo, sert de décor aux mélodies de mandoline et de guitare qui nous ramènent à Ernesto Murolo et Ernesto Tagliaferri, liés à ces lieux par des romances inoubliables. Sur un autre front, représenté par ses instruments de fanfare, Giuseppe Verdi qui à Naples fera débuter certaines œuvres dont la fameuse « Luisa Miller ». Et il ne pouvait manquer le bel canto dans une ville qui a donné naissance aux inventeurs de l'opéra bouffe (Iommelli, Piccini, Cimarosa et d'autres) qui, dans le palais construit - devenu riche - par le castrat Caffarelli, se sublime dans l'image d'une chanteuse accompagnée d'une harpiste : le son de la harpe comme miroir de la pureté et de la netteté d'une voix.

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Les Salles Vesevi

Dans l’angle au fond de la cour, sous la Grande Salle, se trouve une large entrée avec un beau portail catalan en piperno qui mène à un long vestibule appelé « porticale » à l’extrémité duquel se trouve le passage suspendu de la courtine orientale du château tourné vers la mer.
Le long du périmètre de cette galerie, on accède à droite à un vaste espace voûté déjà utilisé au XVe siècle comme entrepôt d’artillerie, à gauche se trouvent deux pièces où, à l’époque aragonaise, étaient situés les « bureaux de la Cour », en particulier : le « riposto », la boulangerie, la cave, la cuisine et la « musaria » (lieu où étaient conservés les denrées alimentaires).
À l’extrémité de ce vestibule s’ouvre à droite une petite porte avec un escalier étroit qui donne accès à la célèbre prison dite « du crocodile ». À l’origine, elle était appelée « Fosse du Millet » car elle était destinée à conserver le blé du château et, dans certains cas, fut également utilisée comme horrible prison. Selon une légende infondée, un féroce animal vivait dans cette fosse et dévorait les prisonniers.
Par la pièce située en face de la prison, on accède aux espaces suggestifs et articulés, sur plusieurs niveaux, de la Tour du Beverello située sur le versant du quai du même nom.
À partir de 1993, le Château a été inclus dans le « Plan de restauration du patrimoine monumental public du centre historique de Naples » grâce auquel, à partir de 1995, des interventions de récupération de la structure monumentale ont été lancées sur un projet du Prof. Arch. Arnaldo Venditti en accord avec l’ancienne Surintendance des Biens Environnementaux et Architecturaux de Naples et Province et l’Administration Communale de Naples. Les restaurations ont également impliqué l’ancienne Surintendance Archéologique de Naples et Caserte ainsi que la Surintendance pour les BAS de Naples et Province. Parmi les espaces récupérés figurent également les espaces mentionnés du « porticale » du château où, grâce à une enquête archéologique, il a été possible d’identifier des vestiges d’époque romaine datant de la fin du Ier siècle av. J.-C. à la fin de l’époque impériale et également une zone destinée à une nécropole implantée entre le milieu du Ve et le début du VIe siècle apr. J.-C.
De plus, au cours de cette fouille, d’importants témoignages de l’installation d’origine du château angevin ont émergé avec la découverte de fragments de décoration à fresque considérés comme appartenant au cycle des fresques de Giotto qui décoraient à l’origine la Chapelle Palatine. Ont également été mis au jour d’intéressants fragments de céramiques médiévales, de majolique de la Renaissance et de vaisselle d’usage quotidien. Dans la partie sous-jacente à cette stratification complexe sont apparus différents dépôts volcaniques qui se superposent depuis l’éruption phlégréenne d’il y a 9000 ans jusqu’à celle du Vésuve il y a 2000 ans.
Après cette restauration, les espaces du « porticale » ont été rendus accessibles, dans leur stratification complexe, grâce à un aménagement architectural particulier avec un sol en verre qui permet au visiteur d’admirer la fascinante succession des différents établissements qui ont caractérisé le relief tufacé sur lequel fut fondé le Castel Nuovo.

L’aire « porticale » du château

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